Rencontre

Jean-Paul Jaud, réalisateur du film "Nos enfants nous accuseront"

mercredi 10 juin 2009

Augmentation des cancers, des diabètes, de la stérilité... Le film « Nos enfants nous accuseront » montre du doigt l’industrie agro-alimentaire. Pour le réalisateur, un seul remède : revenir à une alimentation naturelle.

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Jean-Paul Jaud, réalisateur du film "Nos enfants nous accuseront".

« Même Barack Obama a parlé dans son discours d’investiture de "ce fléau qu’est le réchauffement de la planète". S’il y a désormais une forte préoccupation de l’environnement par la population, les gens ne savent pas quoi faire concrètement. L’objectif de mon film est bien entendu de poser un constat mais aussi de donner des solutions simples au quotidien », explique derechef Jean-Paul Jaud.

Et le réalisateur de « Nos enfants nous accuseront » de prendre pour exemple la petite ville de Barjac qu’il a filmée dans son opus : « Si cette petite ville de 1.500 habitants, située au pied des Cévennes, peut nourrir ses enfants avec du bio, tout le monde peut le faire ! ». Rapidement, Jean-Paul Jaud balaie d’un argument le lieu commun du bio réservé aux bobos : « 63 % des familles de Barjac sont non imposables, ce n’est donc pas qu’une question de moyens ! ».

Si l’exemple de Barjac est l’un des points de départ du film, il n’est pas le seul. Il y a 5 ans, Jean-Paul Jaud apprend qu’il est atteint d’un cancer. « J’ai cherché à savoir pourquoi auprès des médecins et des hôpitaux... et j’ai acquis une certitude : cela venait de l’alimentation... »

« Tout ça pour la spéculation et profit... »
Mais le « sujet » l’interpelle depuis longtemps : « J’ai passé une enfance merveilleuse, notamment à Marennes-Oléron, en contact avec la nature et la biodiversité. Et parallèlement à ma carrière de réalisateur pour la télé, j’ai réalisé une série intitulée "Quatre saisons en France" sur notre patrimoine menacé de disparition. Car le constat est simple : depuis qu’il existe, l’homme s’est nourri naturellement. Il n’y a que depuis les années 1960 qu’on oblige nos enfants à manger des molécules chimiques. Tout ça pour la spéculation et le profit ! Le film s’élève contre ça : non seulement on massacre notre patrimoine, mais on massacre notre planète et on empoisonne nos enfants ! » S’il a choisi d’illustrer son propos par l’exemple de Barjac qui fournit des repas bio à la cantine scolaire, c’est, dit-il « parce que c’est un symbole très fort : un pays doit être capable de fournir 4 repas naturels par semaine à ses enfants. Sinon, il n’est pas digne d’être une démocratie ! ».